Présentation de l'Histoire  posté le dimanche 10 janvier 2010 10:22

 

Résumé :

 

Maybel est une jeune fille au physique trop mûr pour son âge, qui subit quotidiennent les attaques et humiliations de son entourage.

Wyatt a le visage marqué par un accident tragique, qui a couté la vie à un être cher et lui a offert six ans d'incarcération.

Elle a seize ans. Il a vingt-deux ans.

Maybel va au lycée Saint Spirit Secondary School durant la journée, Wyatt y passe ses soirées pour rattraper ses années de retard.

Ils ne se sont jamais vu, jamais croisés, car ils viennent de deux mondes différents.

Pourtant, ils vont apprendre à se connaître, à s'apprécier, et ensemble, ils vont petit à petit croire qu'ils ont un avenir...

 

***

 

Voilà, c'est la deuxième histoire de sims que je lance, la première étant Hard Choice. Le thème est un peu différent cette fois, ce n'est pas une histoire humoristique (même s'il y aura quelques petites touches comiques ça et là), mais plutôt à dominante "amicale". Pas vraiment une romance pure et dure, mais simplements des instants de vie.

Vous pouvez poser toutes vos questions dans cet article, je tâcherai d'y répondre aussi rapidement que possible.

Bonne Lecture !

 

@plouche

Jayden

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#1  (Prologue) posté le dimanche 10 janvier 2010 10:23

 

C’est un quartier calme, du moins en apparence. Car ici, l’apparence est ce qui compte le plus. L’image que l’on projette est et a toujours été ce qui nous permet de faire bonne impression. Vous ferez plus confiance à un homme habillé avec soin qu’à un punk. Ce qui peut parfois s’avérer être une erreur, car il est de notoriété publique que l’habit ne fait pas le moine. Néanmoins, l’apparence extérieure est ce qui régit la vie de ce quartier. Ainsi, vous pouvez y croiser les femmes les plus chics et les plus classes de toute la ville, sans savoir que celle-là est une dominatrice sado-masochiste et que cette autre est une ancienne Playgirl aux seins siliconés. La gente masculine n’échappe pas à cette donne. Ce monsieur si distingué est, parait-il un pervers sexuel de première. Quand à celui-ci, il aime les animaux à un point quelque peu troublant. Pourtant, d’apparence, tous ces gens sont très propres sur eux, donc jugés « insoupçonnables » concernant le moindre petit travers. Autre chose qui leur donne une telle immunité : ce sont tous de grosses fortunes. A l’aide de quelques enveloppes, il est étonnamment facile de retirer son nom d’une plainte où d’effacer la mémoire d’un témoin. L’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue énormément. Et ce « bonheur » n’est pas forcément pour celui qui en a besoin. Les riches tuent le temps, et le temps tue les pauvres, c’est bien connu.

Ce quartier répond au doux nom de Saint Spirit, ce qui est d’autant plus risible quand on connaît la vérité sur les personnes peu recommandables qui y logent. Pourtant, parmi tous ces gens à l’air si parfait, il en existe des moins parfaits, plus humains, plus respectables qui, s’ils n’ont pas l’atout de la beauté extérieure, ont au moins celui de la richesse intérieure. Hélas, qu’est-ce que la richesse d’une véritable personnalité face à des bœufs décérébrés qui ne jugent que par l’apparence ? Sachez que dans ce quartier, c’est un handicap. La personne qui pourrait le mieux vous l’expliquer, c’est la jeune Maybel Stenforth. Son père, Archibald Willbur Armistaid Stenforth, est une des fortunes du quartier et de la ville toute entière. C’est un homme généreux, qui fait de nombreux dons aux associations caritatives dirigées par les épouses de ses voisins et collaborateurs. Ainsi, il passe sous silence son abduction à l’alcool. Comme tout le monde, il est obsédé par l’image, cette si importante première impression lorsque l’on croise un inconnu. Mais il accorde aussi beaucoup de crédit à la réputation, alors que d’autres s’en contrefichent comme de leur première tétine. Pour Archibald, l’image et la réputation font qu’un homme (où une femme, à défaut de mieux) aura sa place où pas dans la société élitiste à laquelle sa famille appartient depuis de nombreuses générations.

Maybel, donc, est une jeune fille ce qu’il y a de plus banal. Du moins, c’est ainsi qu’elle aimerait pouvoir se présenter. Malheureusement pour elle, elle est la fille d’un puissant politicien de la ville. Rien que son ascendance ne joue pas réellement en sa faveur. Elle a de plus hérité de sa mère sa silhouette tout en courbe. Pulpeuse à souhait, Maybel a, à seize ans à peine, les formes enviables d’une femme mûre et « généreuse », comme l’on dit poliment. En termes plus clairs, pour les garçons de son âge, Maybel est « bonne », « baisable », « a des nichons d’enfer », « a une bouche de suceuse », et pleins d’autres petites expressions toutes plus dégradantes les unes que les autres.

 

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#2  (Prologue) posté le dimanche 10 janvier 2010 10:24

 

Des amis ? Maybel n’en connaît que le mot. Pestiférée pour sa position sociale et son physique plus qu’avantageux, ses camarades féminines ne voient en elle qu’une rivale, et les garçons ne lui portent intérêt que pour sa plastique. Aucun d’entre eux ne s’intéresse à la vraie Maybel, celle qui se cache au plus profond de son être, de son cœur. Personne n’a jamais cherché à le faire, et il est peu probable que quelqu’un, un jour, veuille le faire. Son propre père n’a aucun intérêt pour elle, alors qu’il s’occupe de son fils aîné avec un dévouement qui frôle l’adulation, alors que le fils en question n’est qu’un rejeton gâté qui profite de la fortune et du renom de son père pour échapper à toutes les punitions qu’il recevrait en temps normal. Bref, malgré sa richesse et son physique, Maybel n’a pas une vie facile. Seule sa mère semble la comprendre un peu, victime elle aussi de moqueries sur ses courbes féminines. Mais comme le dit très bien celle-ci, « il n’y a que les jaloux pour se moquer de vous sans raison valable ». Nous reparlerons de Mme Archibald Willbur Armistaid Stenforth un peu plus tard, ainsi que de M. Stenforth Jr. Ils n’ont pas grand intérêt pour le moment. Intéressons-nous plutôt à la jeune Mlle Stenforth.

C’est une matinée comme les autres à Saint Spirit. Le soleil brille, les rues sont propres de tout déchet et l’on n’y voit que perfection, d’un bout à l’autre de chaque rue. L’apparence, toujours. Dans un des immeubles chics de la rue Saint Hope, un réveil sonne. C’est celui de Maybel. Il est six heures du matin, heure à laquelle elle se lève tous les jours. Dans la vie de Maybel, il n’y a pas de week-end. Pour intégrer les meilleures écoles, elle doit avoir les meilleurs résultats. Son père ne cesse de le lui répéter, jour après jour. Maybel n’a pas spécialement envie de rentrer à Yale, Princeton où Berkeley. Mais elle se dit que, peut-être, si elle arrive à intégrer une de ses prestigieuses écoles, son père lui accordera un peu plus d’intérêt. Aussi travaille-t-elle dur pour réaliser un rêve qui, au final, n’est même pas le sien. Mais en attendant d’en avoir un à elle, elle a décidé de concrétiser celui de son père. Il est sept heures. Maybel s’assied à son bureau et ouvre son livre de mathématiques. Elle déteste cette matière. Et elle déteste les matières scientifiques en général. Maybel n’a pas l’esprit logique, aussi toutes ces formules semblent-t-elles abstraites à ses yeux. Cela dit, elle n’a pas non plus l’esprit très littéraire. Elle n’est pas très sportive, en plus de cela. Son 85D la gêne dès qu’elle doit hâter le pas. Alors courir ! C’est au-delà de ses forces et beaucoup trop douloureux pour sa poitrine.

 

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#3  (Prologue) posté le dimanche 10 janvier 2010 10:24

 

Non, il faut l’avouer, Maybel n’est pas très intellectuelle. C’est aussi une des raisons pour lesquelles elle suit un emploi du temps aussi strict, qui ne lui laisse que peu d’heures de loisirs dans la semaine. Le seul petit plaisir qu’elle s’accorde, c’est une heure de violon par jour. Maybel est très douée. C’est son seul talent, et elle le cultive amoureusement depuis sa plus tendre enfance, grâce à sa mère. En effet, Mme Stenforth a du faire appel à beaucoup de persuasion pour convaincre son époux de laisser leur fille s’adonner à cet art. Pour M. Stenforth, le violon n’est qu’une perte de temps qui se caractérise par une suite de miaulements digne d’un chat qu’on étrangle. Aussi, depuis le tendre âge de trois ans, notre jeune Maybel joue-t-elle, tous les jours, pendant une heure. A maintenant seize ans, elle n’a plus de professeur, et ne progresse donc pas. Son père n’a en effet pas jugé utile de lui payer un mentor dès qu’elle a arrêté de faire grincer les cordes. Mais son entraînement quotidien lui permet au moins de ne pas perdre la main.

A midi trente, Maybel referme son cahier. Elle est finalement parvenue à terminer les trois exercices donnés par le professeur. Il est certain qu’elle a mis deux fois trop de temps et qu’elle aura du mal pendant le prochain devoir, mais prendre son temps lui a permis de bien repérer les différentes étapes de chaque calcul, lui évitant ainsi de galérer laborieusement lors du test à venir. Maybel descend dans la salle à manger. Le repas est sur le point d’être servi. Mme Stenforth n’est pas là, elle est en villégiature en Angleterre pour rendre visite à Mme Stenforth Mère. Maybel sait que ce n’est pas une partie de plaisir, car sa grand-mère est une vieille femme acariâtre très regardante sur les us et coutumes de la famille. Un faux pas et c’est la fin. Mme Stenforth Mère ne pardonne aucune erreur. Dans la salle à manger, il n’y a que son petit frère, Archibald Jr. Il a douze ans, mais se comporte déjà comme le chef de famille. C’est un enfant roi, habitué à avoir tout ce qu’il désire avant même d’en avoir formulé le souhait. Il n’a jamais rien mérité de sa vie, et n’aura jamais à travailler car il est le premier héritier mâle de la famille. Le fils aîné. Maybel, elle, ne doit compter que sur sa dot pour se trouver un bon parti. L’inconvénient d’être un représentant du sexe faible. A table, Archibald Jr s’agite, et la jeune fille sait qu’il n’a qu’une envie, c’est de retourner dans sa chambre pour s’abrutir sur ses jeux vidéo. Sans un mot, elle finit son repas et retourne étudier jusqu’à l’heure du dîner. Elle s’accorde ensuite son heure de violon, dans une salle insonorisée par son père « pour ne pas avoir à supporter ces horribles couinements pathétiques », puis va se coucher. Il est à peine vingt heures quand elle sombre dans un sommeil sans rêve, sans cauchemar, sans passé et sans futur.

 

 

A Suivre...

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#4  (Prologue) posté le dimanche 10 janvier 2010 10:24

 

Le même soir, une grande porte double en fer, peinte en vert, et dont la couleur s’écaille, s’ouvre en grinçant atrocement. Un policier escorte un jeune homme à l’extérieur, lui tend un billet de cinquante dollars et lui serre la main. Le jeune homme lui rend sa poignée de main ainsi que son argent, tendant le doigt vers une voiture garée et sourit au policier. L’homme en uniforme hoche la tête, lui tape sur l’épaule et retourne dans le pénitencier, là où son devoir l’attend. Du véhicule, un homme sans âge en descend. Il a encore les cheveux noir corbeau, mais son visage est marqué par le temps. Il a le teint buriné des hommes qui travaillent dehors par tous les temps. Il s’avance vers le jeune, qui se dirige vers lui, et les deux se jettent dans les bras l’un de l’autre. Ils ont les mêmes yeux, minces, étirés, envoûtants. La couleur y est pour beaucoup. Un mauve transparent, hypnotisant, qui nous fait oublier le temps. Le lien est évident entre les deux hommes. Ils ont, en plus des mêmes yeux, le même sourire et la même manière de se tenir. Leur démarche est similaire. La différence, outre l’âge, réside au niveau du regard. Celui du vieil homme est pétillant, étincelant, et légèrement larmoyant ce soir là. Le jeune homme a le regard éteint et vide de celui qui a passé trop de temps privé de lumière, de liberté et d’humanité. En prison, on lui a tout pris. Son identité, ses possessions. Son futur. Il a dû se battre plus d’une fois pour sauver son honneur, aussi bien physique que moral. Tout ce qui lui reste maintenant, c’est cette rancœur vis-à-vis de celui qui a détruit sa vie, et son désir de repartir à zéro.

Dans la voiture, un antique pick-up vert pomme rouillé ça et là, la radio crachouille d’étranges sons supposés être de la musique. Des morceaux de country quasi-incompréhensibles tant la réception est mauvaise. La tête appuyée contre la vitre, Wyatt Comfort regarde défiler le paysage, qui s’assombrit au fur et à mesure que la lune monte dans le ciel. Elle est rousse ce soir. Selon la légende, lorsque l’astre est rouge, c’est que du sang a coulé en grande quantité. Wyatt ferme les yeux. Ce soir-là aussi, il a coulé à flot. Mais il n’a jamais su si la lune était rousse ce jour-là. Il n’a gardé que quelques images, des flashs récurrents qui viennent hanter régulièrement ses nuits, nourrissant ses insomnies, nuit après nuit. Ses mains, dégoulinantes et gluantes. Ses chaussures, pataugeant dans des flaques de plusieurs centimètres de profondeur. Et ses yeux, vitreux, qui le fixent sans le voir. Son dernier râle, lorsque ses poumons se sont définitivement vidés de la moindre particule d’oxygène. Planté dans son cœur, Wyatt revoit, encore et encore, son couteau de chasse à cran d’arrêt, enfoncé jusqu’à la garde. Couteau dont il s’est servi quelques secondes plus tôt pour lui ouvrir la gorge et le saigner comme un porc.

 

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